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Accueil des membres de la SOPREF à la SPACQ
En août dernier, le conseil d’administration de la Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone (SOPREF) prenait la décision de cesser définitivement ses activités. Après dix ans d’existence pendant lesquels elle aura rendu d’innombrables services aux auteurs-compositeurs de la relève, le rideau se baisse sur cet organisme qui a catalysé la scène émergente et, par le fait même, toute notre industrie musicale. La SOPREF aura contribué de manière significative à l’amélioration des conditions professionnelles et morales des artistes de l’émergence et nous saluons les efforts qu’y ont investis ses employés et administrateurs.
Le conseil d’administration de la SPACQ est d’avis que la mission et les services de la SOPREF doivent être assurés par une association établie et désireuse de poursuivre la veille sectorielle assurée par cette dernière.
La SPACQ souhaite assumer ce rôle. Nous avons la conviction profonde qu’il est crucial de bien encadrer cette clientèle talentueuse qui formera l’élite de demain. La SPACQ souhaite jouer un rôle de premier plan dans la professionnalisation de cette scène émergente et enrichir son parcours dès le tout début.
Depuis que le conseil d’administration a exprimé cette intention, plusieurs auteurs-compositeurs se demandent quand et comment la transition aura lieu. Ils se questionnent également quant à l’offre de service finale qui sera proposée par la SPACQ.
Voici quelques pistes de réponses.
Pourquoi la SOPREF en est-elle venue à se dissoudre?
La SPACQ doit s’attarder aux causes de la dissolution de la SOPREF si elle ne veut pas être victime des mêmes écueils. Voici nos principaux constats :
- Force est de constater que les problèmes économiques sont à la source même du mal. En fait, nous avons constaté que les ressources financières de la SOPREF se révélaient trop limitées par rapport aux services offerts. La SOPREF devait accomplir beaucoup. Pour ce faire, une équipe plus imposante aurait été nécessaire. Or, les revenus de la SOPREF étaient insuffisants pour permettre ces embauches, la SOPREF devant constamment faire davantage avec trop peu. Incidemment, la SPACQ devra abandonner certains services périphériques à l’offre de service principale pour alléger le fardeau et assurer la viabilité des services. L’offre assurée par la SPACQ sera décrite un peu plus loin.
- Local Distribution, un distributeur de produits physiques et numériques, a également contribué à la perte de la SOPREF. Lourdement impactée par la chute des ventes de disques physiques, les difficultés économiques de cette entreprise à la charge de la SOPREF ont canalisé les énergies et les deniers de la SOPREF. À cet égard, la SOPREF a décidé en 2008 de mettre fin aux activités de Local Distribution et a récemment procédé au remboursement de l’ensemble de ses créances. La SPACQ n’a pas l’intention de reprendre les services assurés anciennement par Local Distribution.
Pourquoi la SPACQ ?
La SPACQ représente depuis bientôt trente ans les intérêts moraux, économiques et professionnels des auteurs francophones canadiens et de tous les compositeurs au Québec. Elle jouit d’une solide réputation et d’un membership de plus de 500 membres, dont plusieurs auteurs-compositeurs de la scène émergente. Son financement est stable et bien établi et elle possède une équipe qui, bien que limitée, possède une solide expertise.
La mission de la SPACQ et de la SOPREF sont assez analogues. Si d’aucuns allèguent que la SOPREF représente les intérêts de producteurs, nous sommes plutôt d’avis que la SOPREF réunit avant tout des auteurs-compositeurs contraints d’assumer leur production, un fait qui n’est pas le seul apanage des auteurs et compositeurs de la relève. De fait, nombreux sont les membres SPACQ qui sont producteurs de leur bande maîtresse. La réalité de l’autoproduction n’est incidemment pas étrangère à notre expertise et nous sommes à même d’offrir les services afférents à la culture entrepreneuriale des auteurs et compositeurs.
Comment accueillir la clientèle SOPREF à la SPACQ ?
Quelques étapes doivent être franchies avant que la SPACQ puisse accueillir l’ensemble de la clientèle SOPREF. Avant toute chose, précisons que la SPACQ et la SOPREF ne procèdent pas à une fusion ou une acquisition. La SPACQ propose plutôt d’accueillir tous les membres auteurs-compositeurs de la SOPREF à son organisation et de leur offrir les services que celle-ci leur rendait.
De son côté, la SOPREF est incapable d’honorer l’ensemble de son passif à court terme et a conséquemment décidé de déclarer faillite. La SOPREF sera donc liquidée et libérée de ses dettes. Elle cessera également toutes ses opérations et n’a aucune intention à court ou long terme de reprendre ses activités.
Le conseil d’administration de la SPACQ a procédé à la nomination d’un comité ad hoc ayant pour mandat de déterminer comment accueillir efficacement la clientèle SOPREF.
À la suite de plusieurs rencontres du comité, ce dernier a présenté les recommandations suivantes au conseil d’administration de la SPACQ, qui les a entérinées :
- Accorder aux membres en règle de la SOPREF en date de mai 2009 et qui répondent aux critères d’adhésion établis dans les statuts et règlements de la SPACQ une adhésion gratuite d’un an afin de faciliter la transition;
- Amender les statuts et règlements de la SPACQ pour qu’un poste supplémentaire d’administrateur qui représente la scène émergente soit créé. Cet administrateur sera unilatéralement nommé par le conseil d’administration de la SPACQ et il jouira d’un droit de vote au même titre que tous les autres administrateurs de la SPACQ. Ce poste d’administrateur ne sera pas renouvelé aux prochaines élections du conseil d’administration de la SPACQ;
- Dans l’intervalle, il est entendu que, puisque le conseil d’administration de la SPACQ comptera 10 membres, le président du conseil se verra accorder un vote prépondérant en cas d’égalité lors de vote.
L’objectif du conseil d’administration est de s’assurer d’avoir immédiatement en son sein un représentant compétent et avisé qui pourra faciliter la transition, collaborer avec la direction et l’informer des besoins et des attentes de ces nouveaux membres.
Ces propositions de changements aux statuts et règlements de la SPACQ seront présentées le 1er juin prochain par M. Mario Chenart en assemblée générale spéciale des membres.
Quelle est la mission de la SPACQ pour la scène émergente ?
L’énoncé de mission de la SPACQ pour la scène émergente s’érigera autour des trois pôles suivants :
- Veiller au développement professionnel et économique de la scène émergente en soutenant l’accès de ce secteur à des programmes de soutien dédié;
- Contribuer au développement des conditions de travail des créateurs émergents;
- Favoriser une plus grande implication du milieu au sein de l’organisme.
Quels seraient les services de la SOPREF maintenus par la SPACQ ?
- Les activités de formations : Sans doute le volet le plus porteur. Nous élargirons notre offre de formation en offrant des ateliers portant sur le numérique, sur l’usage des réseaux sociaux et sur les acteurs de la distribution numérique. Le service de formation en introduction à la gestion de carrière sera également assuré à Montréal comme en région. La collaboration au chapitre de la formation avec l’ADISQ sera également maintenue.
- Matinées-conférences : Ces événements remportent un vif succès et sont simples à mettre en place vu leur caractère ponctuel. Les thématiques abordées sont en lien avec les questionnements les plus fréquemment adressés à l’association par ses membres et par la communauté musicale émergente.
- Publications : Les publications existantes seront rééditées et mises en vente en ligne. D’autres imprimés seront également mis sur le marché en fonction des besoins.
- Centre de documentation et soutien : La SPACQ désire ainsi devenir le principal centre d’information et de soutien spécialisé pour les artistes musicaux en émergence au Québec. Nos préposés aux services aux membres accueilleront et répondront aux requêtes d’information par courriel, par téléphone et en personne.
- Refonte du site Internet : Nous modifierons notre site internet afin qu’il continue à s’afficher comme une ressource à la communauté musicale au Canada.
Conclusion
La SPACQ a la conviction de pouvoir représenter les auteurs et les compositeurs de la scène émergeante. La SPACQ possède une structure solide et nos missions sont compatibles. Nous espérons que l’industrie saura reconnaître que cette clientèle doit être réunie autour d’un organisme structuré et représentatif et nous reconnaîtra comme l’association la mieux positionnée pour le faire.
Nous demeurons évidemment disponibles afin de répondre à toutes vos questions.